Nos avis de Juillet 2026

Rendu d’avis sur la stratégie au CSE du 23/07
Sud Solidaires est consulté sur le plan stratégique ‘Esprit de Conquête’.
La Direction a fait le choix de présenter le plan stratégique par cible commerciale.
Pour Sud Solidaires, cette approche que l’on peut qualifier de transversale traduit la volonté de casser les silos métiers.
L’objectif d’un chiffre d’affaire de 16 Mds (+25% par rapport à l’actuel) en 2031 peut apparaître comme ambitieux.
Mais la direction n’indique pas dans quelle proportion cette progression devait se réaliser entre les affaires nouvelles et l’augmentation des tarifs.
Nous supposons que:
- Sur la partie épargne, il faudra se concentrer sur les affaires nouvelles car le Groupe n’est pas le mieux-disant sur les frais de gestion.
- Sur la partie santé/prévoyance, cela peut se faire sur les 2 versants: affaires nouvelles et indexation.
- La direction officialise une stratégie totalement hybride et globale à part égale entre la vente directe qu’il faut industrialiser/digitaliser pour rester compétitif et la vente intermédiée qu’il faut maîtriser pour ne pas se faire déborder.
Les documents liés à ce plan stratégique nous laissent souvent une impression de flou structurel. Faute de véritables déclinaisons opérationnelles qui indiqueraient précisément les moyens à utiliser pour atteindre les objectifs, le sentiment persiste d’être face à une liste de souhaits. Comment parvenir à remplir tous ces objectifs ? Ce n’est pas non plus dans les feuilles de route que se trouveront les réponses, et il restera donc à chaque direction à forger sa propre voie pour arriver à bon port.
Pour Sud Solidaires, ce plan sera confronté à 3 vents contraires:
- La concurrence reste féroce sur nos métiers. La réglementation législative financière et normative, est de plus en plus contraignante, et ces évolutions restent incertaines. Nous laissons à la Direction le soin de maîtriser cet environnement instable.
- Les coûts de transformation : les investissements IT et RH sont déjà importants, et il est difficile de croire qu’ils seront compensés par les baisses des coûts post-transformation. Autrement dit nous craignons que les coûts de fonctionnement n’explosent avec le recours à des solutions externes difficiles à contrôler si leur évolution ne nous convient pas, ainsi que la nécessité de mise en place de solutions internes palliatives qui nous semblent difficilement maintenables à coût maîtrisé.
- L’acceptation du changement par les salariés reste selon nous un point de friction majeur. La résistance et/ou la démotivation seront accentuées à cause de l’introduction de nouveaux outils qui ne rendent pas les services attendus, voire ont moins de fonctions que les outils actuels, et qui continuent à rencontrer énormément d’anomalies.
En parallèle, quid de la retraite complémentaire ? Est-elle destinée à finir au service du seul bénéfice des ambitions du groupe ? Nous craignons qu’à terme, les collaborateurs de l’IRC servent surtout à assouvir l’appétit commercial à travers l’exploitation croisée des données client. En effet, les fichiers de la retraite complémentaire sont de ce point de vue une mine d’or, non exploitable à ce jour à cause du RGPD. Il semble que des travaux soient déjà engagés pour contourner ces aspects, ce qui n’est pas pour nous rassurer.
Pour Sud Solidaires, l’enjeu majeur de ce plan sera l’accompagnement humain qui doit transformer la culture du Groupe pour passer d’une logique de gestion à une logique de conseil et de service.
Les étapes critiques durant les 3 prochaines années seront le déploiement des nouveaux outils et la montée en compétence massive de l’ensemble des équipes du groupe.
Devant cet enjeu, nous pensons que la Direction risque de perdre les salariés en cours de route, faute d’une vraie reconnaissance collective des efforts passés pour le Plan Nouvelle Donne et en l ‘absence d’un plan réellement motivant pour le Plan Stratégique “esprit de conquête”.
Nous pensons que la direction reste actuellement aveuglée par les promesses des outils externes, alors que la réalité va encore plus mettre la pression sur les salariés.
En conséquence, nous rendons un avis défavorable.
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